L'essentiel est ... pour les yeux

L'essentiel, ce sont les photos que je vous invite à apprécier ou commenter.

Vous trouverez des photos de voyage. Quatre randonnées: en Algérie, en Toscane et en Libye (Je voulais les rendre accessibles aux randonneurs qui ont participé à ces voyages) et quelques images du Brésil.

Je présente aussi des galeries thématiques. Par exemple "arbres", "routes et chemins" ou "En ville" sont proposées.

Je suis membre d'un club photo à Gembloux : Agrophot. Nous nous réunissons tous les deuxièmes mercredi du mois à 20 heure au cinéma royal à Gembloux. Si vous êtes photographe amateur et que vous souhaitez rencontrer d'autres amateurs, vous êtes bienvenus.

Le Tassili Immidir

En Novembre dernier, j'ai randonné en Algérie dans le Tassili Immidir. Un territoire plutôt sauvage au nord-ouest de Tamanrasset.

J'en ai ramené des images (argentiques, noir et blanc ou diapositive) que j'ai enfin fini de scanner.

En voici quelques unes

Pourquoi prenons-nous des photos ?

La photographie n'est-elle, comme le suggère Susan Sontag, qu'une relation au monde qui simule la connaissance ? Seule une narration peut nous donner à comprendre, dit-elle. Une photographie peut-elle raconter ? Comment pourrait-elle exprimer une durée, un déroulement ? Les photographies n'expliquent pas, elles admettent un fait ou en attestent. Les photographies suggèrent qu'il est vain de chercher à comprendre le monde et proposent, à la place, de le collectionner. Le photographe est intoxiqué à l'incongruité: le goût des photographes pour les scènes inattendues, surprenantes, surréalistes ne se dément jamais. En témoignait superbement la photo de Spencer Platt qui a reçu le World Press Photo Award 2006: quelle scène incongrue que cet équipage glamour en avant plan de ruines de guerre, quel moment rare, digne d’être collectionné.

Pourquoi prenons-nous des photos ?

Nous vivons sous une pluie ininterrompue d'images. "Sur notre mémoire, se déposent, en couches successives, des débris d'images pareil à un dépôt d'ordures et il est de plus en plus improbable qu'une figure émerge du lot." (Italo Calvino) Pourquoi prenons nous (encore) des photos ?

D'une façon ou d'une autre, nous trouvons, dans l'acte de photographier, une satisfaction, une intensité que ne contrarie pas la pléthore d'images dans le monde. Certains font des images documentaires, d'autres poursuivent une ambition artistique, d'autres encore cherchent seulement à préserver l'instant de l'oubli. Tous s'émeuvent finalement des fragments de temps et de lumière que leurs images ont révélés en les encadrant.

"... les visages travaillés par le temps, certains crépuscules et certains lieux veulent nous dire quelque chose, ou nous l'on dit, et nous n'aurions pas dû le laisser perdre, ou sont sur le point de le dire; cette imminence d'une révélation, qui ne se produit pas, est peut-être le fait esthétique." (J.L. Borges) Cette imminence du sens est peut-être ce qui nourrit l'urgence du déclenchement. C'est aussi quelque chose qu'on ne peut dire, qu'on ne peut que montrer.

Photographier des choses, des paysages, des êtres vivants, des gens sont des expériences très différentes.

Un ami m'expliquait que, pour lui, une bonne photo comprend nécessairement un élément de communication: elle doit capturer une relation. Dans une bonne image, quelqu'un s'adresse au photographe, au spectateur ou une conversation, un geste unit des personnages. Ses photos sont souvent des images volées dans la rue. A ses yeux, bien peu de mes photos doivent être bonnes. Le plus souvent, mes images traquent l'absence et la solitude.

Un autre ami prend un soin minutieux de ses prises de vue, photographiant avec lenteur des paysages, des natures mortes qui ne vont pas s'enfuir. L'essentiel de la photo réside pour lui dans la prise de vue et il abandonne volontiers à d'autres le soin du tirage. Pour moi, si le paysage demeure, la sensation que j'en ai est si fugitive, si changeante qu'il me faut toujours la saisir dans l'urgence. Par contre, je consacre volontiers du temps à l'édition et au tirage.

Un autre encore compose des scènes très construites où chaque élément occupe une place réfléchie, calculée. Dans sa recherche de l'image parfaite, il n'hésite pas à re-composer dans son laboratoire numérique. Il produit des assemblages à la fois très doux et surréalistes. Ne serait-ce le réalisme et la netteté des éléments qu'il assemble, sa photo serait de la peinture. Quant à moi, je ne crains ni le flou ni l'imperfection ; souvent même, ils me paraissent plus justes.

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Plutôt que les images construites, je recherche les images découvertes. Dans le débat intérieur à la photographie entre intention et attention, j'ai pris fait et cause pour l'attention, la disponibilité.

Le fantasme ou l'illusion d'une attention pure délivrée de toute intentionnalité me hante comme il a hanté l'histoire de la photographie. La photo qui représente le mieux (de façon extrême) cette idée est celle qui résulte d'un déclenchement involontaire.

"La photographie engage à cesser de vouloir décrire ce qui peut de soi-même s'inscrire." écrivait Paul Valéry.

Un appareil qui déclenche indépendamment de toute décision humaine représente à coup sûr au mieux la véracité photographique. Collectionnons les images de radars routiers !

Comme les surréalistes, je goûte dans la photo le surgissement de l'involontaire au travers du discours. Les revendications d'intentionnalité créative me sont étrangères. Je me sens incapable de ce mélange d'enthousiasme et de candeur qui est nécessaire à la prétention artistique. Ma seule ambition est de témoigner de beautés qui ne me doivent rien si ce n'est de les avoir vues ou mieux, à mon insu, photographiées.